LE CHRISTIANISME EN FACE DES ANCIENNES RELIGIONS
nation sur les esprits et les cœurs. On ne saurait trop admirer la manière dont Jésus-Chri^st a ménagé la transition d'une économie à l'autre. Il n'a aboli l'Ancien Testament, comme Néander Ta si bien dit, qu'en l'accomplissant, c'est-à-dire en réalisant pleinement le désir du salut qui était manifesté dans ses institutions les plus caractéristiques.
Il ne faut pas croire, du reste, que la religion définitive qui substituait la liberté à la contrainte, autorisât le désordre et l'anarchie religieuse au moindre degré. La théocratie était abolie: 1" individu retrouvait tous ses droits; il était mis en contact personnel avec Dieu, mais il n'était pas laissé à l'isolement. Une société nouvelle était fondée sous le nom d'Eglise; elle avait pour lien l'amour et la foi et se recrutait dans tous les peuples et dans tous les rangs. C'était le peuple de franche volonté, l'humaiiité nouvelle, la société normale où l'on n'entre pas par la naissance ou par un signe parement extérieur, mais par la nouvelle naissance, c'est-à-dire par l'adhésion du cœur et de la conscience. Cette société est libre de se constituer à son gré et d'organiser son gouvernement, pourvu qu'elle ne retourne ni au sacerdoce ni à la hiérarchie. Elle pourra, plus tard, désigner des jours et des lieux pour le culte, à la condition qu'elle ne ressuscitera ni la fête juive, ni le sanctuaire. Le problème à résoudre sera de créer ces diverses institutions qui lui sont nécessaires, sans descendre de la spiritualité où elle doit demeurer, sans revenir de la nouvelle alliance à l'ancienne, du christianisme au judaïsme.