‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 200 sur 613 · DANGER DUNE DOUBLE REACTION · texte numérisé non relu

DANGER DUNE DOUBLE REACTION

Voilà en effet le grand péril de la religion nouvelle, c'est d'échapper non pas tant à l'inimitié qu'à l'attriàt funeste des religions qui l'ont précédée et qui subsistent à côté d'elle. Nous pouvons à la fin de cette introduction mesurer la portée de ce danger. Nous connaissons maintenant le pagnnisme et le judaïsme, réconciliés comme Hérode et Pilate , pour faire la guerre à Jésus-Christ et pour étouffer l'Eglise dans son berceau. D'un côté comme de l'autre l'opposition entre Dieu et l'homme est maintenue. Elle l'est dans le paganisme sous la forme du dualisme, qui triomphe décidément de l'humanisme grec après que celui-ci a rempli sa mission. L'élément humain, la matière, la créature, en tant que créature, le fiui en un mot est considéré comme le mal en soi. 11 n'y a de rédemption possible que par l'anéantissement du fini, obtenu au moyen de l'extase et des pratiques de rascétisme. Le christianisme renverse le principe premier de ce dualisme par la doctrine de la création et la notion morale du mal.

Dans le judaïsme, l'opposition entre l'homme et Dieu n'était pas fondée sur cette théosophie panthéiste, mais bien sur le dogme de la déchéance. Il avait donc sa raison d'être et sa parfaite légitimité jusqu'au jour où la rédemption fut accomplie. Dès ce jour il devait s'effacer devant le christianisme, car le Rédempteur a fait disparaître toute opposition entre l'homme et Dieu. Mais ni le paganisme, ni le judaïsme, du moius dans la majorité de leurs représentants, n'étaient disposés à se retirer devant la religion dont ils avaient pourtant

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