ATIAQUES CONTRE LA JEUNE EGLISE
de retentir dans le monde depuis dix-huit siècles. Mais elle ne s'est pas contentée de l'arme du ridicule; elle s'est également servie de la calomnie et des fausses insinuations. Les miracles de la primitive Eglise étaient incontestables; on ne pouvait les révoquer en doute; mais on pouvait, comme on l'avait déjà fait pour Jésus- Christ, les imputer à la magie et aux puissances infernales. Nous avons vu dans notre introduction combien les arts magiques étaient en crédit à cette époque, comme dans toutes les époques de crise religieuse. Il y avait donc une habileté consommée à assimiler les apôtres à de vulgaires magiciens. Cette pensée perce évidemment dans la question ironique faite par le sanhédrin à Pierre et à Jean après la guérison de l'impotent : « Par quelle influence et en quel nom avez-vous opéré cette guérison ' ? » Les ennemis des apôtres n'admettaient pas qu'ils fussent les organes de la puissance divine. C'était donc d'une influence diabolique ou magique qu'ils entendaient parler. A côté de cette incrédulité ouverte, l'Eglise primitive rencontrait l'ignorance et les préjugés d'un peuple formaliste et matérialiste. Ils avaient à établir les droits de Jésus Christ, c'est-à-dire du Messie humble et crucifié, devant une nation qui ne voulait croire qu'à un roi glorieux, à un nouveau Macchabée.
A des attaques encore confuses, l'Eglise opposa une apologie simple et populaire. Reconnaissons d'abord que les apôtres ont invoqué sans scrupule le témoignage
1 Actes IV, 7.