ORGANISATION ECCLÉSIASTIQUE
unique entre rame et sa personne dont saint Paul et saint Jean, s'inspirant des derniers discours du Maître, nous révéleront le sens profond '.
La doctrine chrétienne, on le voit, n'avait rien de systématique. Elle devait plus tard dérouler toutes ses conséquences, et, marquant ses contours, se débarrasser peu à peu de son enveloppe judaïque, grâce aux chocs multipliés d'une lutte salutaire. Cette première phase de lEglise était destinée non à la lutte et à la discussion, mais au déploiement de l'action souveraine, directe et extraordinaire de l'Esprit divin. L'histoire proprement dite de l'Eglise ne devait commencer que plus tard. Les premiers chrétiens n'avaient pas même alors la notion de l'histoire. Ils croyaient à un retour prochain de Jésus-Christ pour rétablir toute chose. >» Ils pensaient que la fin du monde approchait, et que les derniers jours prédits par Joël avaient commencé à luire-. Aussi attendaient-ils « ces temps du rafraîchissement » qui devaient inaugurer la seconde venue du Christ.
L'organisation ecclésiastique n'est pas plus arrêtée dans cette première période que la dogmatique n'est formulée. L'Eglise se fonde avant de se constituer. Le fleuve est encore trop près de sa source pour couler
1 Tous ces développements sont nécessités par le système bien connu de l'école de Tubingue. Schw^/^ler {Nach apnsf. Zeitalt., p. 10); Baur, dans son livre sur saint Paul, aflirment l'identité du christianisme primitif et du judaïsme. Ils s'appuient sur certaines expressions, comme : Jésus, homme approuvé de Dieu (Actes H, 22). Mais ils laissent de côté toutes les autres déclarations que nous avons mentionnées.
«Actesli, 17; 111,19,20.