‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 217 sur 613 · CULTE PRIMITIF DE L'EGLISE · texte numérisé non relu

CULTE PRIMITIF DE L'EGLISE

un caractère exceptionnel. Les disciples sont constamment dans le temple ; ils s'y rendent à l'heure de la prière et du sacrifice. Cependant, ils célèbrent aussi leur culte intime dans la chambre haute de Jérusalem *. S'il emprunte certaines formes à la synagogue, il a au moins son originalité. Nous y reconnaissons déjà les éléments essentiels qui le caractériseront plus tard. L'enseignement, l'adoration, le chaut, la prière et le repas eucharistique en sont les actes principaux ^.

Toutefois, il faut bien se garder de lui ravir sa simplicité première. L'enseignement n'avait pas la forme d'une prédication proprement dite; c'était une parole soudaine jaillissant du cœur. Les apôtres n'étaient pas seuls à prendre la parole ; les autres chrétiens parlaient comme eux spontanément des choses magnifiques de Dieu ^. Le chant et la prière empruntaient aux prophètes de l'Ancien Testament leur forme poétique et solennelle; l'assemblée y prenait une part qui n'est pas nettement déterminée ^. Quant au repas eucharistique de l'Eglise de Jérusalem, rien ne ressemble moins à ce qu'on a appelé le sacrement de l'autel ; les premiers chrétiens se croyaient encore obligés de se soumettre à la loi cérémonielle; aussi l'autel pour eux était dans le temple et pas ailleurs. La sainte cène n'avait donc aucune analogie possible avec un sacrifice. Elle n'était

' Voir Harnack, Der christliche Gemeinde-Gottesdiensl im apostolisch. Zeitalter (p. 69 à 131).

* La doctrine des apôtres (Actes II, 42) représente l'élément de i'enseigrnement; la traction du pain rappelle le repas eucharistique.

» Actes, II, 4. — * Actes IV, 24.

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