‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 218 sur 613 · CARACTÈRE GÉNÉRAL DE CETTE PÉRIODE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE GÉNÉRAL DE CETTE PÉRIODE

pas sc''parée, à cette époque, des simples repas; elle les terminait comme elle avait terminé le repas de Pâques. La commémoration de la Rédemption avait lieu chaque fois que les chrétiens étaient réunis autour de la table de famille; saint Luc dit positivement qu'elle se célébrait de maison en maison '. Les agapes n'apparaissent qu'à la période suivante -.

De tous ces développements il résulte que la différence entre la vie ordinaire et la vie religieuse n'existait pas pour l'Eglise primitive, parce qu'au fond la vie ordinaire avait été élevée par elle à une hauteur vraiment céleste. De là le caractère surnaturel de sa piété. L'Eglise ne se contente pas, comme plus tard, de pénétrer de l'esprit chrétien les diverses relations sociales , elle se transporte immédiatement dans l'idéal absolu ; elle abolit la pauvreté dans son sein, grâce à la générosité volontaire des riches. « Ceux qui avaient des possessions les vendaient^. » Cette communauté des biens n'avait rien d'absolu ni d'obligatoire , elle était fondée sur un libre consentement ; mais on ne peut contester qu'elle n'ait été un moment à peu près réalisée à Jérusalem ''. L'histoire de l'Eglise commence ainsi par

> KXwvtî; àpTOv |j.c-:EXâ;j.6avsv -rpojr,; h i'^xW'.izz'.. (Actes II, 46.)

• Quand Tiersch (ouvrage cité, p. 74) et Harnack (p. 11) préteiidcul que les premiers chrétiens observaient le dimanche dès cette époque^ ils avancent une assertion sans preuve. Saint Luc déclare que le culte chrétien était célébré indifféremment tous les jours. (Ka6' 'îjixÉpxv, Actes II, 46.)

» Actes IV, 34.

* Les paroles de Pierre à Ananias (Actes V, 4) montrent que tout ici était libre. Cette communauté des biens n'était pas absolue, car nous voyons l'Eglise réunie dans la maison de Marie, mère de Marc (Actes II, 12). Cependant, Néander nous semble trop diminuer l'importance de la première communauté des biens {Pflanz., p. 39 et 40).

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