PREMIER DÉBAT DANS L'ÉGLISE
lèrent à l'occasion de la distribution des aumônes. L'Eglise s'était constituée à l'époque d'une grande fête, qui avait rassemblé à Jérusalem une multitude de Juifs venus de l'étranger. Elle avait recruté parmi eux de nombreux adhérents. Ces Juifs étaient désignés sous le nom d'hellénistes , parce qu'ils parlaient la langue grecque. Ils avaient subi dans une certaine mesure l'influence de l'élraugcr. C'était dans leurs rangs que l'Eglise comptait le plus grand nombre de prosélytes. Les Juifs d'origine hébraïque, dont l'orgueil national était surexcité outre mesure par le pharisaïsme, méprisaient les Juifs hellénistes. Ils les regardaient comme au-dessous d'eux sous prétexte qu'ils frayaient avec les païens; ils les eussent volontiers considérés comme l'avantgarde du paganisme. Ces préjugés firent invasion dans l'Eglise, et les veuves hébraïques eurent la part la plus large dans les aumônes, tandis que les veuves hellénistes étaient négligées. Les Juifs d'origine étrangère se plaignirent vivement de cette injustice. Ainsi se posait dans l'enceinte même du judaïsme la grande question qui devait soulever tant de débats dans le premier siècle. Il s'agissait de décider dès lors si les différences de nationalités étaient abrogées par le christianisme, si la religion nouvelle devait continuer la tradition juive ou rompre avec elle. Les apôtres n'engagèrent pas une discussion théorique ; ils n'en auraient pas été capables alors. Ils pourvurent, par l'institution d'une nouvelle charge, à ce qu'il n'y eût plus d'inégalité dans la répartition des secours.
Jusqu'alors il n'y avait eu d'autre charge dans l'Eglise