LE DIACONAT PRIMITIF
que l'apostolat; la Domination des sept diacres de Jérusalem fut le premier rouage nouveau introduit dans ce mécanisme si simple. Ce diaconat primitif doit être distingué de celui qui fut établi plus tard d'une manière déCnitive. Plus on se rapproche des commencements de lEglise, plus les charges ecclésiastiques ont un caractère indéterminé. Elles ne sont pas nettement définies et ne se renferment pas dans des limites étroites. La division du travail n'est pas encore réalisée. Les sept diacres choisis pour présider aux aumônes se sont tous signalés par leur zèle missionnaire, et l'un d'eux a même un moment effacé les apôtres. Il n'y a donc nulle trace de hiérarchie ; cliacuu parle et agit selon que l'Esprit l'inspire. Il n'eu sera plus de même quand l'organisation ecclésiastique se sera complétée et fixée; on ne pourra plus alors confondre les charges diverses, une ligne de démarcation sera tracée entre elles '.
L'institution du diaconat primitif démontre combien tout est libre et spontané dans l'Eglise apostolique. Il n'en est pas des charges qu'elle institue comme des ordonnances mosaïques ; rien ne ressemble moins à une promulgation solennelle. Elles surgissent des circonstances à mesure que de nouveaux besoins se manifestent; l'Eglise accommode son organisme, quia autant de souplesse que de simplicité, aux exigences diverses
> Vitringa (De Syiiog. vetere, lib. III, pars ii, c. 5) établit parfaitement la différence entre les sept diacres de Jérusalem et les diacres dont parle saint Paul. Il rappelle d'abord que le nom de diacres n'est pas donné aux premiers. 11 montre ensuite que tandis que ceux-ci avaient pour mission spéciale de vaquer aux aumônes, cet office n'est point mentionné par saint Paul dans les attributions des diacres de son temps. Enfin^, il se fonde sur l'opinion de Ghrysostome (Homélie XIV, in Ad., II, 9).