LE DIACONAT PRIMITIF
de sa situation sans jamais rien concédera l'erreur et au mal. Il est évident que cette première charge ecclésiastique émane de l'apostolat et s'en détache comme un rameau du tronc quil'a porté, mais qu'elle n'a pas été imposée par les apôtres à l'Eglise ni conférée par voie de transmission sacramentelle. Les sept diacres n'ont pas été désignés par les apôtres, mais ils ont été élus par l'assemblée entière. L'imposition des mains qui leur est donnée ne ressemble en rien à une consécration sacerdotale. C'est le signe de leur entrée en charge, accompagnée d'une prière solennelle *. Prétendre, comme les représentants des idées hiérarchiques, que les diacres ont été élus par l'assemblée, au lieu d'être directement choisis par les apôtres, par la raison que leur charge était essentiellement temporelle et administrative^, c'est méconnaître le rôle qu'ils ont joué dans la primitive Eglise ; c'est rabaisser leur fonction, qui était remplie à l'origine par les apôtres eux-mêmes; c'est oublier enfin que toutes les charges émanaient sans exception de l'élection, ainsi que nous l'établirons plus tard.
Les sept hommes choisis pour présider aux tables étaient pour la plupart des Juifs hellénistes, comme on peut l'inférer de leurs noms. Nous voyons même parmi eux un prosélyte nommé Nicolas ^ On doit conclure de
^ Actes VI, 5. Nous traiterons plus tard la question de l'imposition des mains dans l'Eglise primitive.
* Tiersch, Die Kirche im npostolisch. Zeitalfer,ç. 78.
' Les Pères du troisième siècle en font le fauteur de l'hérésie desiiicolalt"s (Irénée, Contr. Hxres., II, c. xxvii; Epiph., Hxres.,% 27). Nous discuterons cette opinion quand nous étudierons les hérésies de l'Eglise primitive.