‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 224 sur 613 · ACCUSATION D'ETIENNE · texte numérisé non relu

ACCUSATION D'ETIENNE

que Moïse nous a données V » Evidemment, la pensée d'Etienne est présentée sous un faux jour; on le calomnie quand on l'accuse d'a\oir blasphémé contre Moïse et surtout contre Dieu, et d'avoir annoncé la destruction du temple par Jésus-Christ et ses disciples. Mais il est facile de discerner la part de vérité dans ces mensonges. Etienne a sans doute insisté dans sa polémique contre les Juifs formalistes sur le caractère transitoire de l'ancienne alliance. Il aura commenté les discours par lesquels le Maître avait fait entendre que la loi mosaïque était à la fois accomplie et abolie par lui. Tl aura rappelé ses déclarations sur le culte en esprit et en vérité, qui n'a plus besoin de sanctuaires, et il aura proclamé le remplacement de l'ancien ordre de choses par un ordre nouveau et définitif. C'est là son crime aux yeux des Juifs, c'est là aussi qu'est la grandeur de sa mission. Sa défense devant le sanhédrin suffirait à elle seule pour montrer à quelle hauteur l'Esprit de Dieu l'avait porté.

Au premier abord, l'apologie d'Etienne semble prise de trop haut et de trop loin -. On ne comprend pas immédiatement quel motif le pousse à retracer avec tant de détail l'histoire du peuple juif. Tout s'explique dès que l'on a reconnu qu'Etienne, dans cette circonstance comme dans toutes les autres, s'oublie lui-même et ne pense qu'à la vérité dont il est l'organe. Il ne s'agit pas pour lui d'être acquitté, mais uniquement de bien défendre ses principes. Il ne se soucie pas de lui-même;

« Actes IV, 13. 14. — « Baur, Paulus, 43-45.

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