DISCOURS DÉTIENNE
î;i cause de Jésus-Christ le préoccupe seule. A ce point de vue, rien n'est plus admirable que son discours. On l'a accusé de blasphémer contre Moïse et contre les institutions et les révélations de l'ancienne alliance. Il prouve que le blasphème et l'impiété ne sont pas de son côté, mais du côté de ses adversaires, dignes héritiers du peuple rebelle, qui dans toutes les époques de son histoire a opposé un cœur dur et opiniâtre à l'infatigable amour de Dieu.
Etienne établit sa thèse en traçant un large tableau historique dans lequel il met constamment en parallèle la bonté de Dieu et l'ingratitude du peuple juif. On sent qu'il a toujours en vue la dernière et suprême manifestation de cette ingratitude, et qu'il donne sans cesse à l'histoire un sens symbolique et prophétique. Il rappelle d'abord les origines de la nation et toutes les promesses qui reposèrent sur son berceau, toutes les bénédictions et toutes les délivrances qui lui furent accordées dans la personne d'Abraham. Ce récit montre d'une part combien Etienne a été calomnié en étant accusé de blasphémer contre le Dieu de ses pères, et de l'autre il fait ressortir l'endurcissement coupable d'un peuple si richement béni. La portion la plus considérable du discours est consacrée à l'histoire de Moïse. C'est qu'en effet le contraste entre la bouté de Dieu et l'incrédulité du peuple élu, ne s'est jamais présenté avec des caractères plus tranchés qu'a cette époque. Ce Moïse choisi pour être le libérateur d'Israël, sauvé miraculeusement par Dieu et visiblement préparé pour cette mission , est repoussé i)ar les siens à sa première tentative de