‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 228 sur 613 · MARTYRE DÉTIENNE · texte numérisé non relu

MARTYRE DÉTIENNE

s'adresse directement à Jésus-Christ, et il rend ainsi témoignage à sa divinité par ce suprême hommage; il couYcnait que cette grande vérité fût proclamée par le premier des martvrs, et par Thommc qui avait le mieux compris la supériorité de la nouvelle alliance sur l'ancienne. Le christianisme, en effet, s'élève au-dessus du judaïsme dans la mesure où la divinité de Jésus-Christ est reconnue. Un grand deuil fut mené sur Etienne. Les hommes pieux qui l'ensevelirent avec un tendre respect obéissaient à l'un des sentiments les plus légitimes du cœur humain. Ils ne savaient pas que ce sentiment exagéré plus tard dans son expression devait donner naissance à de déplorables superstitions , et se traduire en définitive par Tadoration du corps des martyrs.

La mort d'Etienne, comme celle de tous les confesseurs , apposait à son témoignage un sceau vraiment sacré et en doublait la puissance. Elle ne servait pas seulement le christianisme d'une manière générale, mais elle devait tourner au profit de la vérité spéciale pour laquelle il avait versé son sang. Sa cause était une cause gagnée. La grande pensée qui avait enflammé son zèle allait être recueillie par un homme encore rangé parmi les ennemis de l'Eglise, mais que Dieu destinait à abattre de sa main puissante la barrière entre le judaïsme et le monde païen. C'était ce jeune homme que l'écrivain sacré nous montre gardant les habits des meurtriers d'Etienne. Saul de Tarse entendit son discours avec la colère d'un pharisien convaincu ; mais au travers de sa colère, Dieu fit pénétrer dans son cœur

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