‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 234 sur 613 · DOCTRINE DE SIMON LE MAGICIEN · texte numérisé non relu

DOCTRINE DE SIMON LE MAGICIEN

tif. Le dualisme est ainsi d'emblée nettement formulé * . Le principe réceptif ou passif se dégrade de plus en plus et finit par se matérialiser tout à fait ; la courtisane Hélène en était la personnification. Simon le Magicien avait pour mission d'opérer sa délivrance, qui devait être celle de tous les hommes. Il prétendait en effet représenter le principe actif et spirituel, et incarner par là même la grande puissance de Dieu. Cette esquisse de sa doctrine suflSt pour le moment. Nous l'étudierons plus tard sous la forme nouvelle et complexe qu'elle revêtit, alors que par son mélange avec les idées chrétiennes elle se constitua en hérésie ^. Nous en savons assez pour y

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2 Philosoph., 163, 85. Notre exposition du système de Simon diffère à la fois de l'exposition de Néander [Pflanzung, \, 70) et de celle de Grimin {Samarit., p. 150) Le premier, qui n'a pu connaître les Philosophoumena, a trop identifié ce que Simon appelait « la grande puissance de Dieu» avec le Verbe de Philon. Les idées du magicien sont bien plus incohérentes que celles de la gnose alexandt ine. Le système émanatiste est loin d'être formulé par lui avec clarté. D'un autre côté, nous ne saurions partager l'opinion de Grimm, qui prétend que Simon s'est donné comme le Dieu suprême et absolu. Il se fonde d'abord sur le témoignage de Justin, qui dit que les Samaritains l'ont regardé comme le premier dieu, w? tov "pwTOV OiOV (comp. Hippolyte, P/aï,^ p. 161) et sur celui d'Irénée,qui affirme que Simon était adoré sous le nom de Jupiter (//a." es., I, 23) . Mais ces témoignages signifient simplement que Simon se donnait comme la première manifestation du dieu caché. On sait que dans la théogonie hellénique, Jupiter n'est pas le premier dieu en date; il procède de Saturne, le dieu ancien et primitif. Simon prétendait incarner le premier principe sorti du feu virtuel sans s'assimiler au feu virtuel lui-même. Le passage des Philosophoumena que nous avons déjà cité {Phil., p. 176, 6(>) dissipe tous les doutes à cet égard. La cjrande force de Dieu y est clairement désignée comme le principe mâle sorti de la racine éternelle des êtres. Sans doute, au point de vue panthéiste le principe éternel et vir-

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