EFFET DE LA PRÉDICATION DE PHILIPPE
reconnaître l'antique dualisme phénicien et les premiers linéaments du dualisme gnostique. C'est une ébauche ijfrossièrc et encore informe des doctrines subtiles qui étaient destinées à causer tant de mal à l'Eglise. L'absurdité du rôle que Simon s'attribue, la haute inconvenance de celui qu'il fait jouer à une courtisane, étonnent moins quand on se souvient du pays où il a conçu son bizarre système. Ce pays en effet était situé sur les confins de cette Phrygie où les mythes les plus infâmes du paganisme ont pris naissance. Simon peut être considéré comme le faux Messie par excellence. Il parlait lui aussi de perdition, mais cette j)erdition ne résultait pas du péché puisqu'elle était éternelle et fatale comme la matière. Le salut n'avait plus aucun caractère moral ; il consistait uniquement en vains artifices, et le prétendu Sauveur n'était qu'un magicien. C'est ainsi que par un art diabolique le besoin de rédemption , si vivement excité à cette époque, était misérablement trompé. Simon avait acquis une très-grande influence sur le peuple samaritain. Tl l'avait en quelque sorte fasciné.
On pouvait prévoir que cette même vague aspiration qui précipitait la foule sur les pas de Simon la rendrait attentive à la prédication de l'Evangile. C'est ce qui arriva quand le diacre Philippe, chassé de Jérusalem par la persécution, annonça .Tésus Christ aux Samaritains et confirma sa prédication par de nombreux miracles; le
tuel se retrouve dans ses manifestations. Mais on ne peut identifier absolument la manifestation d'un principe et ce principe lui-même. Il y a entre eux une î=orte de hiérarchie et de subordination.