‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 236 sur 613 · LES APOTRES A SAMARIE · texte numérisé non relu

LES APOTRES A SAMARIE

peuple abandonna aussitôt l'imposteur et écoutn avec empressement la parole de vérité.

Simon, usant d'une iiabile tactique, suivit le flot de la multitude dans l'espoir de ressaisir son autorité. Il fut baptisé avec ses anciens adhérents. Les apôtres qui étaient demeurés à Jérusalem, en apprenant le succès de la prédication de Philippe, envoyèrent deux d'entre eux dans ce champ de travail si riche d'espérances. Ils choisirent Pierre et Jean, quijusqu'alors avaient déployé la plus grande activité dans l'Eglise primitive. Rien n'était plus sage qu'une telle décision; Philippe l'avait peut-être provoquée par ses lettres. Il ne pouvait sufiBre à une œuvre si vaste et si belle; il était naturel '^ue ceux qui s'étaient le plus distingués par leur zèle missionnaire lui apportassent leur concours devenu indispensable. Pierre et Jean, à peine arrivés en Samarie, voient le Saint- Esprit descendre à leur prière sur les nombreux néophytes samaritains. Les partisans de la hiérarchie triomphent de ce fait; mais, pour l'élever à la hauteur d'un principe et d'une règle générale^ il faudrait prouver que jamais dans l'époque apostolique le Saint-Esprit n'a choisi d'autre organe que les apôtres ou leurs délégués immédiats. Or, il est certain que le Saint-Esprit a été souvent accordé sans leur concours aux nouveaux convertis ' . Le vent céleste souffle où il veut, et la grâce

' N'est-il pas évident que l'eunuque éthiopien baptisé par Philippe a reçu le S^int-Esprit dans le désert? La conversion de saint Paul fut com- [ilétemenl achevée à Damas, et ce fut Ananias qui lui conféra le baptême en lui imposant les mains, après que les écailles furent tombées de ses y«ux, en signe de son illumination intérieure, très-certainement produite par le Saint-Esprit. (Actes IX, 18.)

Page 1