‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 237 sur 613 · SIMON VEUT ACHETER LE SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

SIMON VEUT ACHETER LE SAINT-ESPRIT

de Dieu n'esi pas liée à une charge spéciale. Si le Saint- Esprit ne fut accordé aux Samaritains qu'après l'arrivée de Pierre et de Jean, nous dirons avec Néander que cela tient à une cause toute morale '. La prédication apostolique hâta le développement encore imparfait des néophytes de Siehem, qui n'avaient jusqu'alors reçu le christianisme que dune manière extérieure. Ce nest pas mépriser les apôtres que d'accorder plus d'influence à leur vivante parole qu'à un acte extérieur et matériel, et que de se refuser à leur attribuer je ne sais quel fluide magnétique qui les rabaisserait au rang de ces magiciens dont ils venaient détruire le pouvoir.

Simon manifesta dans cette circonstance le fond de son cœur. En ofTrant d'acheter le don de Dieu, il montra qu'il avait confondu comme tant d'autres après lui dans l'Eglise la grâce et la magie, et il mérita de marquer de son nom l'abominable trafic des choses saintes. On le voit un moment tremblant sous la parole indignée de l'Apôtre. Mais l'histoire nous apprend que son repentir n'avait aucune racine. Il fut le fauteur de la première hérésie. La légende le fait venir à Rome pour y mourir ignominieusement. Il est possible qu'il soit venu à son tour dans le grand carrefour de l'Occident, dans cette capitale du monde, où tous les cultes se rencontraient et où se succédaient tous les imposteurs. Mais ce séjour de Simon à Rome n'est garanti par aucun document authentique. Le christianisme avait rencontré en lui le père de la gnose et de l'hérésie. Les légendes

* Néander, Vflanz., p, 104.

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