‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 240 sur 613 · FONDATION DE L'ÉGLISE D'ANTIOCHE · texte numérisé non relu

FONDATION DE L'ÉGLISE D'ANTIOCHE

des disciples à Joppe et à Lydde, villes commerçantes de la Phénicie'. Quelques chrétiens inconnus l'avaient portée jusque dans l'île de Chypre, si fameuse par son culte de Yénus ; ils avaient ainsi transplanté la religion de la sainteté dans l'un des foyers les plus infâmes de la corruption païenne -. Mais dans ces diverses contrées la foi nouvelle avait eu pour berceau la synagogue. Elle n'avait pas encore abordé le monde païen ; elle avait fait un premier pas dans cette voie à Samarie, elle fit le se cond à Antioche. La fondation de l'Eglise de cette ville est un événement capital, dont les conséquences furent incalculables pour la jeune Eglise. Antioche, ancienne résidence des rois de Syrie, bâtie au bord du fleuve Oronte, dans une plaine fertile, était devenue l'une des métropoles de la civilisation païenne, l'un de ce.> grands centres où l'Orient et l'Occident échangeaient leur culture brillante et rafliuée. La beauté de ses édifices, sa population nombreuse, son commerce étendu, son développement artistique, sa richesse, en faisaient, d'après Josèphe, la troisième ville de l'empire ^. C'était, au témoignage de Clcéron, une cité où abondaient les hommes cultivés et où fleurissaient les arts libéraux *. Les Juifs y avaient, comme partout, fondé une colonie; mais la mission chrétienne ne s'enferma pas dans l'enceinte de la synagogue. Elle fut entreprise par quelques-uns de ces Juifs hellénistes qui avaient été convertis le jour

1 Actes IX, 35, 36.

2 Actes XI, 19.

'Josèphe, Bell. jud.,\\\. UI, c. xxiv.

* « Celebor quondam urbs et copiosa, atque eruditissimis hominibus liberaiissimisque studiis affluens. » Gicémn, Pro Archia.poeta, c. III.

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