‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 241 sur 613 · EI.LE EST FONDEE PAR DE SIMPLES EVANGELI-TES · texte numérisé non relu

EI.LE EST FONDEE PAR DE SIMPLES EVANGELI-TES

de la Pentecôte. L'Evangile fut annoncé à Antioche par des disciples de Chypre et de Cvrène', qui appartenaient à la fraction la plus libérale de l'Eglise de Jérusalem et qui avaient été sans doute tout particulièrement attachés à Etienne. Héritiers directs de la grande pensée qui avait animé le premier des martyrs, ils avaient compris comme lui que la nouvelle alliance repose sur des bases plus larges que l'ancienne. Aussi s'adressèrent-ils immédiatement aux païens. « I!s annoncèrent le S igneur Jésus aux Grecs*. » Bientôt ceux-ci se convertirent en foule et la première Eglise en dehors du judaïsme fut fondée. Ainsi s'ouvrait pour la mission chrétienne la porte du monde, que le préjugé juif avait tenue fermée jusqu'alors. Dès ce jour, la religion nouvelle prend la position quiluiappartient : elle appelle à elle l'hellénisme comme le judaïsme, l'Occident comme l'Orient, et elle peut, pour la première fois, comprendre cette parole du maître : Le champ^ c'est le monde. D'un autre côté la fondation de lEglise d'Antioche fait pressentir la transforaiation ou plutôt le développement de l'apostolat primitif. Elle a été fondée sans le concours des douze apôtres. L'opinion qui fait de Pierre \e premier évoque d'Antioche ne repose sur a cun fondement ^ et

1 Actes XI, 19; comp. Actes II, 10.

* Act?s XI, 20.

' La tradition qui attribue à Pierre la fon lation et le gouvernement de l'Eglise. d'Antioche est très-ancienne. Eusèlie la rapporte {H. E., M, 36), saint Jérôme également (De viris illwitfibus, \), et Origène l'a confirmée en ces termes: « Ignatium dico episcopum Antiochiae post Petrum secundum » (/« Luc. Homelia VI, tom. ill, édit. Delarue, p. 738). Le Liber pon' ificalis ne fait que copier les Pères, de même que Baronius {Annales, \, 245), et avec lui tous les écrivains catholiques (Lenain de Tillemont, Mémoires, l, p. 167). Mais le silence de l'auteur des Actes infirme tous

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