ÉGALITÉ DES ANCIENS DE LA SYNAGOGUE
influence était très-grande partout où le conseil était peu nombreux, comme dans les villes où la colonie juive avait une minime importance'. Mais le clief de la synagogue n'avait aucune dignité parliculière qui relevât d ns la hiérarchie au-dessus de ses collègues. U était le premier entre ses pareils, primus intcr pares. Les textes les plus positifs démontrent que souvent la même synagogue comptait plusieurs chefs ou présidents - ; chaque ancien l'était sans doute à tour de rôle. Une telle organisation était essentiellement démocratique ; elle ne présente aucune analogie avec le sacerdoce lévitique ou Tépiscopat du troisième siècle.
Quand nous lisons dans les Actes des apôtres que l'Eglise de Jérusalem s'était donné des anciens, sans autre explication , il est évident qu'il ne peut être question que d'une cîiarg*; déjà connue et dont le nom rappelait des idées précises. Sil en eût été autrement, l'historien sacré eût employé un mot nouveau pour désigner une institution entièrement nouvelle ; il n'eût certes pas rattaché la hiérarchie sacerdotale dans l'Eglise au régime démocratique de la synagogue, alors qu'il lui était si facile d'emprunter à la prêtrise judaïque ses titres hono-
' Vitringa, II, i.
* Il est parlé, Matlh. IX, 18, de l'un des chrfs de la synagogue ; de même, Actes XVIII, 8, 17, deux chefs de synagogue sont mentionnés à Corinthc, où il n'y avait qu'une seule synagogue (Vitri;iga, De Synag. vetere. p. 584, 585;. Voir au^si Justin Martyr, Dialogue sur Triphon, p. 366 (édii. de Paris, 1835). 'OzcTa O'.oir/.0JS'.v c! 'Ap/js'jvâYOJv-i U[J-wv jAîTà rf,v zpozîjyTf'/ . On retrouve des traces de c Ite identité des chefs de synagogue et des anciens dans le Code Théodusien. Nous y lisons ces mots : Neque licentiain hahebunt hi qui ab iis majores omnibus ArchipheieciliL aut ijieshglcri, for-itan vel Magislri, appellantur anathematismis hoc prohibere. » Vitringa, De Synag. vet,, p. 590.