‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 259 sur 613 · SA SINCÉRITÉ · texte numérisé non relu

SA SINCÉRITÉ

la manière la plus exacte de garder la religion de ses pères, il (tait zélé pour Dieu'. » En d'autres termes il portait dans son judaïsme exalté un esprit vraiment religieux, et il était animé du désir sincère de servir Dieu. Il y avait là le germe de toute une transformation et c'était par ce côté qu'il devait être atteint plus tard.

Dans les temps de crise et de renouvellement, alors que Ihumanité est dans une suprême attente d'une grande révolution religieuse, cette attente et cette aspiration ont deux manifestations opposées. Tandis que les uns abandonnent ouvertement les formes anciennes, les autres s'y cramponnent avec acharnement, et leur demandent avec une ardeur fiévreuse la satisfaction des besoins nouveaux qui les tourmentent ; on voit bien à leur exaltation maladive qu'ils n'ont pas échappé au malaise universel. Ils poussent jusqu'à ses derniers résultats logiques le principe auquel ils voudraient croire; on voit qu'ils sont mécontents de son application présente et qu'ils cherchent dans cette voie l'apaisement de leur cœur. S'attacher de la sorte au passé, c'est encore tourner ses regards vers l'avenir et appeler la rénovation religieuse. A y regarder de près, on reconnaît que Saul de Tarse a, dans sa période pharisaïque, une manière de porter le joug de la loi qui annonce qu'il le brisera un jour. Il n'a aucun rapport avec ces pharisiens satisfaits dont l'hypocrisie a été peinte en traits de feu par Jésus- Christ. Ce n'est pas lui qui cherchera à tromper Dieu et

1 Actes XXII, 3,

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