‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 268 sur 613 · SA PREMIÈRE MISSION · texte numérisé non relu

SA PREMIÈRE MISSION

là même un développement nou^ eau dans ses idées. Paul nous apprend lui-même que ce qu'il appelait « le mystère révélé ces derniers temps, » concernait la vocation des Gentils*. La connaissance approfondie qu'il avait de rimpuis>ance du judaïsme, rapprochée de la merveilleuse et soudaine délivrance qui lui avait été accordée, devait Tamener, sous l'action fécondante de l'Esprit divin, à l'intelligence complète du rapport des deux alliances. La grande antithèse de la loi et de la grâce n'avait-elle pas été réalisée dans sa vie avant d'être commentée par ses écrits?

§ iï. — Premier voyage de saint Paul.

Jusqu'au moment où il reçut la délégation de l'Eglise dAiitioche, Saul s'était borné à annoncer l'Evangile aux Juifs et aux prosélytes. Il n'aborda le vaste champ de la mission parmi les païens qu'à son premier voyage. Ce voyage eut une grande importance pour Saul et pour l'Eglise. Il provoqua les discussions qui devaient aboutir au concile de Jérusalem, et amener par là une première solution de la question qui avait déjà soulevé tant d'orages parmi les chrétiens. Saul et Barnabas partirent d'Antioche , accompagnés de Jean , surnommé Marc -. C'était un disciple de Jérusalem, fils de cette Marie dans la maison de laquelle l'Eglise était réunie en prières pour demander la délivrance de Pierre ^ Il paraît avoir été converti par Pierre, qui l'appelle son

' Eph. I, 9, 10. — 2 Actes XIII, 5. - » Actes XIF, 13.

us PREMIERS COMPAGNONS DE PAUL.

fils*. Plus tard, il fut son interjDrète -. Tout démontre qu'à cette époque, il était encore fortement imbu des préjugés d'un christianisme judaïsant. Il n'était pas alors à la hauteur de saint Paul; aussi se sépara-t-il bientôt de lui. Il est possible qu'à son retour, il ait contribué par ses récits à provoquer la lutte entre l'Apôtre et les chrétiens étroits de Jérusalem. Il faut bien qu'il y ait eu quelque grave différend entre eux, pour que Paul ait mieux aimé se séparer de Barnabas que de s'adjoindre de nouveau son parent. Nous apprenons par ses épîtres que ce différend ne fut que momentané; car Marc reparaît plus tard parmi ses compagnons^. Barnabas étant originaire de Chypre, les délégués d'Antioche se rendirent tout d'abord dans cette île. Ils la traversèrent dans toute sa longueur. Après un court séjour à Salamine, ils se rendirent à Paphos, ville rebâtie sous Auguste. C'est dans ces lieux souillés par toutes les infamies du culte d'Astarté que Paul fil sa première conquête sur le paganisme. Le plus haut dignitaire de la contrée, le proconsul Serge Paul ^, était un de ces hommes qui, fatigués du polythéisme occidental, cherchaient dans les religions orientales, et en particulier dans le judaïsme, la satisfaction de leurs aspirations secrètes. Cette disposition

1 1 Pierre V, 13. — '2 Eusèbe, Hist. eccL, liv. III, c. xxxix. — ^ Phil. 24. -2Tim. IV, 11. Col. IV, 10.

* Serg'e Paul est appelé xvfjyzxTi^. Ce titre correspond à proconsul. Il était affecté au gouverneur des provinces sénatoriales, tandis que les gouverneurs des provinces relevant directement de l'empereur s'appelaient propréteurs. L'île de Chypre commença par être, sous Auguste, une province sénatoriale (Dion Cassius, 53,2) ; mais elle fut plus tard (Dion Cassius, 54, 4) donnée au sérat. Luc est dans celte circonstance d'une minutieuse exactitude (Wieseler, Chronologie des npostolisch. Zeitalt., p. 225).

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