LOIS DE MANOU
rions mieux faire, pour en donner une idée, que de présenter une analyse succincte de ce code religieux que l'on fait remonter vers l'an 1000 avant Jésus-Christ.
Le premier livre contient un essai de théogonie. C'est un développement de la théorie de l'émanation. « Par un réveil et un repos alternatifs, l'être immuable fait éternellement revivre ou mourir tout cet assemblage de créatures mobiles. Il fait passer tous les êtres successivement de la naissance à l'accroissement, de l'accroissement à la dissolution, par un mouvement semblable à celui d'une roue. Celui que l'esprit seul peut percevoir, qui échappe aux organes des sens, qui est sans parties visibles, éternel, l'âme de tous les êtres, que nul ne peut comprendre, déploya sa propre splendeur, ayant résolu dans sa pensée de faire émaner de sa substance les diverses créatures '. » Des eaux produites par lui sort un œuf brillant, qui, en se partageant, forme le ciel et la terre. En même temps une multitude de dieux, de qualités et de vertus, se dégagent de ces premières émanations. Manou, produit par Brahma, a créé l'univers parle moyen de dieux intermédiaires; mais ce monde est la reproduction d'un monde antérieur, car les créations de la divinité se reproduisent incessamment.
Les lois de Manou nous montrent le régime des castes en pleine vigueur. C'était la conséquence de la conquête; les anciens habitants du pays, sous le nom de Çudra ou Soudras , devinrent les ilotes de l'Inde et formèrent la classe méprisée et foulée. Les vainqueurs
• 1 Lois de Manou, I, 57.