LOIS DE MANOU
s'étaient partagés en guerriers et en agriculteurs ; audessus des uns et des autres étaient le^ prêtres, qui avaient pris le nom de brahmanes. Le code sacré essaye de donner une base éternelle à cette organisation. « Pour la propagation de la vie humaine, y lisonsnous, Brahma de sa bouche produisit les brahmanes, de son bras le guerrier, de sa cuisse le laboureur et de son pied le soudras. » Les lois de Manon mettent le brahmane à la tête de la hiérarchie sociale et cherchent constamment à relever sa dignité ; elles forment ainsi le Lévitique indou. Cependant, surtout dans les derniers livres , l'organisation générale de la société est réglée par des prescriptions assez minutieuses. On voit que la royauté est investie d'un pouvoir despotique. Le roi est comparé aux dieux; il est mis par là en rapport avec la caste sacerdotale. Le despotisme reparaît à tous les degrés de la hiérarchie, et certaines prescriptions montrent combien il devenait accablant de la part des autorités subalternes. Le roi est vivement sollicité d'exercer la justice, afin que son royaume fleurisse comme un arbre bien arrosé.
Les lois de 3Ianou sont très-remarquables comme code pénal. « Le châtiment, disent-elles, gouverne le genre humain, le châtiment le protège; il veille pendant que tout dort *. » L'adultère, le jeu, sont sévèrement punis; mais on peut se racheter de beaucoup de crimes par des amendes graduées. Les expiations religieuses sont également innombrables.
» Lois de Manou, VII, 18.