‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 270 sur 613 · PAUL A ANTIOCHE DE PISTDIE · texte numérisé non relu

PAUL A ANTIOCHE DE PISTDIE

C'est à elle que Paul s'adresse tout d'abord. Il s'est toujours conformé, dans ses voyages missionnaires, a l'ordre suivi par Dieu lui-même dans le don de ses révélations. Il crovait devoir porter l'Evangile premièrement à ceux qui avaient reçu dans la loi et les prophètes une préparation directe à la foi chrétienne. On sait, d'ailleurs, quelle tendre affection il éprouvait pour sou peuple, et quel patriotisme élevé se mêlait à sa largeur chrétienne. La synagogue d'Antioche paraît avoir été librement fréquentée par la population païenne; c'est du moins ce que semble prouver la composition de l'auditoire auquel Paul annonça l'Evangile'. Le judaïsme était ainsi mis en présence du paganisme, et l'Eglise chrétienne allait apprendre, par un fait significatif et décisif, de quel côté elle trouverait le plus d'accès. Pour la première fois, les deux grandes fractions religieuses de l'humanité étaient appelées, le même jour, à prendre position vis-à-vis du christianisme. C'est donc un moment solennel dans l'histoire de l'âge apostolique.

Dès que la parole a été offerte à Paul, il se tourne vers ses compatriotes, et leur adresse les exhortations les plus sérieuses, les plus émouvantes. Le plan de son discours, dont nous n'avons évidemment que les traits généraux, est admirablement approprié à son but. Parlant à des Juifs, il se place sur le terrain de l'ancienne alliance. Il établitd'abord la filiation historique du Christ. De même que les rois ont succédé aux juges, de même le fils de David a succédé aux rois pour inaugurer une

1 Actes XIII, 44, 45.

rojauté uouYclle '. Le deruier des propliètts, Jeaa-Baptiste, Ta rccouuu pour le 3Icssie^. Si l'on objecte sa mort iguoiiiiuicusc, ou oublie qu'elle a été aimoucée par les prophètes. Chaque sabbat, dans toutes les s} nagogucs, on lit les divers oracles qui l'annonçaient. D'ailleurs, il est ressuscité, ses disciples l'ont vu, et ce glorieux, fait, déjà annoncé par les prophètes, est le gage de l'accomplissement des promesses^. Jusqu'ici Faul a développé le même fond d'idées qui se retrouve dans tous les discours de Pierre. Il ne pouvait agir autrement puisqu'il sadressait à des Juifs, mais sa conclusion est tout à fait neuve. Pour la première fois il proclame l'impuissaiiie du judaïsme et le salut par la foi. « C'est par lui, dit-ii, que tous ceux qui croient sont justifiés de toutes les choses dont vous n'avez pu être justifiés par la loi de Moïse. » 11 termine en rappelant à ses auditeurs combien leur responsabilité est redoutable. Ce discours produisit une impression profonde.

Tandis que les païens étaient remplis d'enthousiasme, la majorité dts Ji.ifs éprouvait une sourde colère. Ils ne se continrent plus le sabbat suivant, quand ils virentl'affluence des païens dans leur synagogue. Paul leur avait fourni une admirable occasion de décliner la responsabilité qui pesait sur leur peuple depuis la crucifixion de Jésus-Christ. Bien loin d'en profiter, ils ratifient par leur conduite le crime de leurs compatriotes; ils révèlent une fois déplus l'orgueil intraitable de leur race, au même moment oîi des païens ignorants écoutent l'E-

• Actes XllI, 23. — » Actes XIII^ -25. — » Actes XIII^ 32-38.

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