LA CONFÉRENCE PARTICULIÈRE
toute sa prédication. Il invoque en faveur de son apostolat cette libre et souveraine grâce de Dieu, qui n'est liée à aucun précédent, à aucun mérite, à aucune institution. La môme grâce qui l'a fait chrétien l'a fait apôtre. Après avoir fait le plus, elle pouvait bien faire le moins. Son titre vaut celui des douze. Sans la grâce, Pierre ne serait pas plus apôtre que lui; il a donc un titre égal au sien '. On demandait sans doute à quels signes on pouvait reconnaître ce second apostolat. L'Apôtre répond que ces signes n'ont rien d'arbitraire. Ils doivent être aussi éclatants que la lumière du jour. La grâce qui fait le chrétien se dénote par ses résultats, par son eflBcace. De même en est-il de la grâce qui fait l'apôtre. Qu'on juge celui ci à ses dons! « Celui qui a agi efficacement dans Pierre pour le rendre apôtre des Juifs, a agi efficacement en moi pour me rendre apôtre des Gentils^. » Paul mettait en présence des Eglises fondées par Pierre celles qu'il avait fondées lui-même. Il montrait, en regard de la mission de- Jérusalem et de Samarie, la mission d'Antioche, de Paphos, d'Iconie, de Derbe et de Lystre, et toutes ces jeunes et florissantes Eglises formées par lui. A quoi serait-il possible de reconnaître l'efficace de la grâce, si ce n'est à de pareils signes, et qui oserait contester la légitimité d'un apostolat si fructueux?
Cette argumentation de Paul parut irrésistible aux hommes que Ton pouvait regarder comme les arbitres du différend, grâce a la considération extraordinaire
' Gai. II, 8. — 2 Gai. II, 8.