LA DISPUTE D'ANTIOCHE
que tout chrétieu, pour ne pas scandaliser un frère dans la foi, doit restreindre momentanément sa liberté. L'ancienne Eglise n'a jamais admis le caractère obligatoire du concile de Jérusalem. « Une fois passé le temps où l'Eglise se partageait en deux fractions, dit saint Augustin, l'une venant de la circoncision, l'autre de l'incirconcision, qui, bien que reposant également sur la pierre de l'angle, se distinguaient par des traits bien caractérisés ; une fois ce temps passé, quel chrétien se croirait tenu de s'abstenir de volatiles étouffés ' ? »
§ II. — La dispute d'Antioche.
Aussitôt après le concile de Jérusalem, Paul retourna à Antioche avec Barnabas. Il y fut bientôt suivi par Pierre. C'est à cette époque qu'il faut placer le différend entre les deux apôtres, qui nous est raconté avec une courageuse franchise dans l'épître aux Galates ^. Pierre, dont l'accord avec Paul avait été si complet aux conférences de Jérusalem, ne montra d'abord aucun scrupule à frayer librement avec les païens convertis. Mais à l'arrivée de quelques chrétiens judaïsants venus de Judée, il changea soudain de conduite; il se sépara de ceux qu'il avait traités comme frères et entraîna plusieurs disciples, et entre autres Barnabas, à suivre son exemple. Comment s'expliquer un tel revirement? Com-
' « Quis jani chrislianus observât ul lurdes vel minutiores aviculos )ii)ii altingat, nisi iiuaruni sangiiis effusus est? » Saint Augustin, Contra Faust., Vi\. XXXIl, c, xiii.
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