‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 284 sur 613 · DISPUTE D'ANTIOCHE · texte numérisé non relu

DISPUTE D'ANTIOCHE

ment de tels scrupules se produisaient-ils après le concile de Jérusalem, et que faisaient à Antioche ces délégués de Jacques, dont le rôle avait été si conciliant aux conférences? Ces questions demeurent insolubles aussi longtemps qu'on transporte dans Thistoire morale et religieuse l'inflexible enchaînement de la logique purement rationnelle. Pour celui qui connaît la mobilité de la nature humaine, ses défaillances et ses réactions étranges, les faits qui se passèrent à Antioche ne s'expliquent que trop facilement. Le concile de Jérusalem était loin d'avoir tranché le grand problème delà primitive Eglise. 11 ne résultait nullement de ses décrets que les chrétiens iuifs et les païens convertis fussent sur le même rang, puisque les premiers étaient encore tenus d'observer les prescriptions du mosaïsme. La barrière était abaissée; elle n'était pas abattue. Aussi à peine l'arrêté fut-il rendu qu'il reçut des interprétations différentes. Paul en tirait des conséquences qui y étaient bien implicitement renfermées, mais qui n'en découlaient pas avec la même évidence aux yeux de tous. Il pensait que désormais les chrétiens sortis du judaïsme pouvaient s'asseoir librement à la même table que les païens convertis ; ce qui impliquait l'abrogation formelle de toute une portion de la loi de Moïse. Evidemment, rien n'était plus logique, une fois admis le principe que les païens convertis avaient le droit d'entrer dans l'Eglise sans passer par la circoncision. Mais Jacques n'avait pas prévu cette application du décret. 11 l'avait écartée d'avance en insistant sur les devoirs des Juifs de naissance de se conformer à la loi de Moïse telle qu'elle était lue dans toutes les synago-

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