PAUL, TYPE DU MISSIONNAIRE
daus la délibération. 11 servait en quelque sorte de lien entre l'Eglise d'Antioche et l'Eglise de Jérusalem. Aussi celle-ci se trouvait-elle engagée directement, par Silas, dans l'œuvre de Paul au sein du paganisme. Rien n'était donc plus rationnel qu'un tel choix. Silas demeura fidèle à cette mission de conciliation, car nous le rencontrons plus tard auprès de saint Pierre '.
Paul déploya dans ce second voyage toutes les grandes qualités qui font de lui le type du missionnaire chrétien. Faible de santé, souvent malade, son corps s'épuise, jamais son zèle, et il profite de sa faiblesse même pour rendre ses appels plus pressants et plus touchants -. C'est quand sa vois, est brisée par la souffrance qu'elle a ses accents les plus irrésistibles. Il n'est pas seulement l'homme des grands discours ; il cherche à conquérir les âmes une à une, et là où la parole ne suffît pas il emploie les larmes^. Il annonce l'Evangile avec autant d'ardeur à l'homme pauvre et obscur qu'au proconsul et au roi, et il déploie autant de persuasive éloquence dans la prison où il enseigne l'esclave Onésime que devant l'aréopage d'Athènes ou le tribunal de Festus. IVon content des fatigues extraordinaires de son ministère, cet homme chétif et souffrant gagne son pain de ses propres mains, et, après une rude journée de labeur, on le voit fabriquer des tentes pour suffire à sa subsistance sans être à charge aux Eglises '. Il veut donner gratuitement ce qu'il a reçu gratuitement. Ce chrétien si dégagé de préjugés, d'un esprit si libéral, cet apôtre du salut gra-
1 1 Pierre V, 1§. — 2 Gai. IV, 14, 15. — 3 Actes XX, 19, 20. * 1 Cor. IX, 12. — Actes XYIII, 3.