‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 290 sur 613 · PAUL, TYPE DU MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

PAUL, TYPE DU MISSIONNAIRE

tnit, a pratiqué un sévère ascétisme, d'autant plus admirable qu'il ne lui attribuait aucun mérite et n'en tirait aucun orgueil. Son unique désir, en traitant durement son corps, était de vaincre le péché et de glorifier son Maître. N'oublions pas qu'il a accompli tous ses grands travaux au milieu de la persécution et de la contradiction, en proie à une mystérieuse épreuve qui ne lui laissait point de relâche, déchiré par cette écharde qui était à la fois une humiliation et un tourment, et qu'il ap|)elle, dans son langage énergique, un ange de Satan destiné à lesoufiQeter '. Son habileté comme missionnaire n'est pas moins admirable que son zèle. Nul n'a su comme lui « racheter le temps etl'occasion, » c'est-à-dire profiter des moments et des circonstances favorables. Quand il arrive dans une ville, il trouve immédiatement le moyen d'atteindre le plus grand nombre d'hommes possible. 11 prêche tantôt dans les synagogues, tantôt, comme à Phi'ippes, au bord d'un fleuve, tantôt sur la place publique, comme dans la frivole Athènes. Il se conforme aux habitudes de chaque pays, et partout il fait retentir le nom de Jésus-Christ.

Paul commença son voyage missionnaire par visiter les Eglises qu' il avait fondées en Syrie et en Cilicie. Elles étaient en pleine prospérité et s'accroissaient tous les jours. En Lycaonie, l'Apôtre s'adjoignit un jeune disciple

1 On a beaucoup discuté sur la nature de cette épreuve. Elle ne portail pas, comme on Ta prétendu, sur les souffrances inhérentes à l'apostolat car Paul n'eùi certes pas demandé d'en être délivré. On ne peut pas non plus y voir les tentations de la chair, surtout après une déclaration comme colle que nous lisons 1 Cor. VII, 7. Il s'agit probablement d'une souffrance corporelle réagissant sur l'àme par son effet sur l'organisme nerveux.

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