L'ÉVANGILE PORTÉ AUX CALATES
rantiquitc par son exaltation religieuse et sa propension au fanatisme. Le culte de la grande mère ou de Cybèle avait porté jusqu'aux dernières limites les abominations du paganisme. On y retrouvait ce hideux mélange de volupté et de cruauté qui caractérise toutes les religions de la nature. Nous avons déjà parlé, d'après Apulée, des rites abominables des prêtres phrygiens et des débordements de ces fanatiques eunuques nommés galli, dont les danses convulsives et la musique assourdissante étaient connues dans le monde entier. On pouvait prévoir que le christianisme conserverait difficilement sa pureté dans un milieu si corrompu.
Paul, qui n'avait fait que traverser la Phrygie, s'arrêta plus longtemps en Galatie. Il y trouva une race entièrement nouvelle pour lui. Ce n'était plus la race asiatique !)ure, mais une race occidentale, gauloise et celtique d'origine, établie en Asie Mineure trois siècles avant Jésus -Christ, et qui, quoique modifiée par un long séjour en Orient, avait conservé à bien des égards son type primitif. Le peuple de ces contrées était à la fois guerrier et démocratique ; il s'était longtemps régi luimême et il avait conservé, sous la domination impériale, ses propres gouvernants. Paul, toujours habile à se faire tout à tous, mit une vivacité inaccoutumée dans sa prédication pour faire impression sur ces esprits mobiles et ardents. Il put leur dire plus tard que Jésus-Christ leur avait été si vivement dépeint qu'ils avaient comme assisté à sa crucifixion '. 11 avait ainsi trouvé le chemin
' tial. 111,1.