‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 295 sur 613 · PAUL ARRIVE A PHILIPPES · texte numérisé non relu

PAUL ARRIVE A PHILIPPES

tout mouvement qui l'inquiéterait, tels étaient les principaux de ces obstacles. Mais Paul n'était pas homme à reculer, et il y avait assez de puissance dans la doctrine qu'il annonçait pour triompher des philosophes et des proconsuls, de la force comme de la science humaine.

C'est à Troas que Paul avait eu la vision qui l'avait décidé à se diriger vers la Macédoine. C'est également à Troas qu'il s'adjoignit un compagnon nouveau, le médecin Luc, qui devait être le chroniqueur inspiré de l'âge apostolique. Tl était natif d'Antioche, d'après Eusèbe \ et, selon toute probabilité, païen de naissance, converti par le ministère de l'Apôtre. Nous le retrouverons désormais constamment à côté de lui et jusque dans sa prison, à la veille de son martyre. Nul ne s'est mieux assimilé la pensée de Paul ; nul n'était plus capable de retracer sa vie et de nous conserver les traits de sa grande figure. La légende qui en a fait un peintre ne s'est trom^pée qu'en matérialisant une qualité toute morale. Luc, eu effet, se montre le plus inimitable des peintres pour représenter le christianisme du premier siècle.

De Troas, Paul se rendit, par Néapolis, à Phiiippes. Bâtie par Philippe sur les frontières de la Thrace et de la Macédoine, illustrée par la fameuse bataille où la république romaine acheva de succomber avec Brutus, cette ville était devenue une florissante colonie romaine, la plus importante de toute la contrée ^ Elle était régie, comme toutes les colonies, par des magistrats appelés

1 Eusèbe, H. E., III, 4.

2 C'est le sens le plus naturel à donner à l'expression f^T'.ç isTtv TrpwTr;.

Page 1