PAUL ET SILAS EN PRISON
le somnambulisme, revêtent alors un caractère particulier et se compliquent de possessions véritables. La servante guérie par saint Paul était en proie à ce somnambulisme diabolique. Elle avait un certain don de divination comme les somnambules de tous les temps. Aussi ses concitoyens la cro} aient-ils possédée de Tespril de Python, qui était l'un des noms d'Apollon, le dieu des oracles. Mais à ce don de divination se joignait une possession positive, comme l'indique le langage de saint Paul, qui s'adresse directement au mauvais esprit pour le chasser. Comme la malheureuse possédée le poursuivait ainsi que Silas en criant: « Ces hommes sont des serviteurs du Dieu très-haut, *et ils vous annoncent la voie du salut ', » l'Apôtre, qui ne veut à aucun prix de l'appui du démon, chasse l'esprit mauvais et guérit la servante. Ce fut l'occasion d'une persécution violente. Les maîtres de la malade, furieux d'avoir perdu le gain qu'ils tiraient de sa divination, ameutent la populace et traînent les apôtres devant le tribunal des duumvirs en les accusant d'importer a Phiiippes une religion non autorisée par les lois. Les magistrats cédèrent au tumulte populaire; ils firent jeter Paul etSilas en prison, et le geôlier, docile instrument de la colère du peuple, les enferma dans un obscur cachot, les pieds serrés dans des entraves. Une longue et douloureuse nuit avait commencé ; mais ils se sentaient libres et heureux dans les chaînes. « Cette affreuse prison, pour employer le langage éloquent de TertuUien, était pour eux
» Actes XVI, 18.