‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 298 sur 613 · CONVERSION DU GEOLIER · texte numérisé non relu

CONVERSION DU GEOLIER

ce qu'était le désert pour les prophètes : une sainte retraite, une de ces solitudes où Jésus-Christ révèle de préférence sa gloire à ses disciples. Tandis que leur corps était enchaîné, leur esprit, sans être arrêté par les lourdes portes, ni retardé par les longs portiques, suivait la voie qui conduit à Dieu. La chair ne sent aucune douleur quand Tàrae est au ciel \ » Ils chantaient les louanges de Dieu. Tout à coup, un tremblement de terre ébranle les portes du cachot. Le geôlier épouvanté, redoutant le terrible châtiment qui l'atteindra si ses prisonniers prennent la fuite, se précipite sur son épée pour s'en frapper. La voix de Paul l'arrête : « Ne te fais point de mal, s'écrie l'Apôtre, nous sommes tous là! » L'âme de cet homme grossier s'émeut de la générosité de ces prisonniers d'un nouveau genre, qui lui rendent le bien pour le mal avec une si touchante charité. La vue de Paul et de Silas, enchaînés et joyeux, a réveillé sa conscience. Les paroles qu'il avait sans doute déjà entendues de leur bouche prennent un sens tout nouveau ; à ses craintes vulgaires succède la crainte des jugements de Dieu. Le bouleversement de la nature extérieure correspond au bouleversement de son cœur, et il pousse ce cri des cœurs brisés mais destinés au salut : « Que faut-il faire pour être sauvé ?» On connaît la réponse de l'Apôtre. Le geôlier et sa famille reçoivent aussitôt le signe de la nouvelle naissance, et l'Eglise de Philippes fait une précieuse conquête dans le lieu

' « Hoc praestat carcer christiano quod eremus prophetis. Nihil crus sentit io nervo, cum animus in cœlo est. » (Tertullien, Ad Martyres, c. II.

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