H PAUL A THESSALONIQUE
même où Ton avait cru fermer à jamais la bouche à son fondateur.
Paul avait été jeté en prison à la suite d'un tumulte populaire. Sa cause n'avait pas été instruite. Les duumvirs, fort peu enclins, comme tous les magistrats romains, au fanatisme religieux, envoyèrent leurs licteurs pour faire sortir les apôtres de prison. Mais Paul réclame avec énergie contre le traitement illégal qu'il a subi II prononce ce fameux mot : « Je suis citoyen romain, » mot qui, d'après Cicéron, couvrait d'une protection puissante ceux qui s'en réclamaient, jusqu'aux extrémités du monde, et même au milieu des barbares '. La loi Porcia interdisait de frapper de verges un citoyen romain. Les magistrats , tout tremblants , viennent eux-mêmes relâcher les apôtres. Paul, dans cette circonstance, nous apprend, par l'autorité de son exemple, à nous élever au-dessus des idées mesquines et étroites qui interdisent aux chrétiens la revendication énergique de leurs droits devant l'Etat. Elles ne tendent à rien moins qu'à ôter toute base divine à la société.
Paul laissait à Philippes une Eglise qui avait reçu le baptême de la persécution, et dont l'attachement pour sa personne s'était fortifié au spectacle de ses souffrances et de son courage.
Elle devait bientôt lui en donner des preuves touchantes eu lui envoyant des secours généreux à Thessalonique, où il était ailé porter i'Evangile -. Il avait tra-
1 « Ulavox et imploratio : Civis romanus sum! sœpe multis in ultimis terris opern inter barbaros et salutera tulit. »
2 Philipp. IV, 16.