PAUL A L'ARÉOPAGE
goj?ue, il essaya d'aborder les philosophes stoïciens et épicuriens. Les Athéniens, dont la curiosité était si facilement piquée, le conduisirent à l'aréopage pour l'entendre parler de ces divinités nouvelles qu'il annonçait. On a pensé à tort que Paul avait été traduit en jugement par les Athéniens, et que son discours était une défense de sa personne plutôt qu'une apologie générale du christianisme. S'il fut conduit au lieu où l'on rendait d'ordinaire la justice, c'est que du haut de la colline consacrée à Mars, il pouvait plus facilement haranguer une grande assemblée. Paul avait en face de lui cette merveilleuse Acropole, toute pleine des miracles du ciseau de Phidias, à ses pieds le temple de Thésée, le monument le plus ancien d'Athènes, et partout où sou regard se portait il rencontrait les autels des faux dieux. Il est à remarquer que les temples qui étaient le plus près de lui, dans l'aréopage même, étaient consacrés à ces divinités souterraines qui inspiraient tant d'effroi aux Grecs et qui étaient comme une protestation de la conscience épouvantée contre la poésie trop facile de leur religion officielle. Ces temples, en effet, étaient voués, d'après Pausanias, aux furies et à Pluton ^ Le culte de ces divinités terribles et mystérieuses renfermait implicitement un hommage au Dieu inconnu. Il importe peu que la fameuse inscription qui sert de point de départ à l'apologie de l'Apôtre ait eu toute la portée qu'il semble lui attribuer. Elle n'en était pas moins une fidèle expression de tout un
• PausaniaSj p. 27, édition Xylander.