FONDATION DTNE EGLISE A CORINTHE
ciéie*. Il n'eut pas le brillant auditoire de l'aréopage. Il ne \ it pas se presser autour de lui les premiers magistrats de la "ville et les philosophes. Il s'attacha à présenter la vérité sous la forme la plus simple et la plus nue; il ne chercha point à flatter les goûts de ces Grecs blasés et subtils, amoureux de l'éloquence humaine et de tout éclat ex.térieur. « Ma parole, leur disait-il plus tard, n'a point consisté dans des discours pathétiques de la sagesse humaine^. «L'austère prédication de la croix fit le fond de ses enseignements. Accablé sans doute parla vue des infamies du paganisme étalées sous ses yeux, il annonça l'Evangile dans la faiblesse, dans la crainte et avec un grand tremblement''. Néanmoins il gagna de nombreux adhérents parmi les païens, entre autres Stéphanas, Crispus et Gaïus*. Les Juifs de Corinthe, sauf quelques exceptions, lui opposèrent une opiniâtre résistance ; il fut même contraint de rompre ouvertement avec eux. Il se sépara d'eux après leur avoir adressé de foudroyantes paroles qu'ils n'avaient que trop méritées par leurs blasphèmes, et il fonda une vraie synagogue chrétienne dans la maison d'un uiscipie nommé Juste, dans laquelle il poursuivit le cours de ses prédications. Elles produisirent un tel effet que le chef même de la synagogue juive fut gagné à l'Evangile. L'Apôtre ne baptisait pas, eu général, Icà nouveaux chrétiens, laissant ce soin à ses compagnons de voyage ou aux anciens de la jeune Eglise^. C'est qu'il n'était pas le représentant d'une hiérarchie ecclésiastique qui tient, avant tout, a intro-
' 1 Cor. 1, 26. — î 1 Cor. Il, 4. — M Cor. II, 3. » 1 Cor. XVI, 15; 1 Cor. 1, li. — = \ Cor. 1, 14.
l'« ET 2' ÉPITRE AUX THESSALONICIENS. 25
ddire les hommes dans ses cadres extérieurs. N se préoccupait uniquement de l'effet moral et relijjieux de son enseignement, lui subordonnant toutes les questions de forme. Après qu'il eut ainsi prêché l'Evangile pendant un an et demi, les Juifs, profitant de l'arrivée d'un nouveau proconsul, l'ciccusèrent de professer une religion inconnue et non autorisée. Heureusement pour Paul, ce proconsul était un homme d'un caractère tolérant et élevé; c'était Gailion, frère du fameux Sénèque, qui l'avait proclamé le plus doux des hommes*. Il refusa, avec le dédain d'un Romain lettré, de s'occuper de ces discussions intérieures qui lui paraissaient de misérables chicanes. Il avait pour les Juifs le mépris arrogant de ses concitoyens, et il laissa sans scrupule les accusateurs de Paul en butte aux mauvais traitements des habitants de la ville, qui les avaient en abomination comme toute leur race. Paul quitta Corinthe bientôt après. C'est de cette ville qu'il écrivit ses deux lettres à l'Eglise de Thessalonitjue^. TimotliéeetSilas, quiavaienl rejoint l'Aj.ôtre a Corinthe, lui avaient apporté des nouvelles de Thessalonique, et leurs communications l'amenèrent à écrire à cette Eglise
' « Neino mortalium uni ta::, dulcis est, quam hic omnibus. » (Sénèque, Pr^f. nntur. quœst., I, IV, j
2 Reus>, Geschichte der Heilig. Sdiriften N. T., p. 67, 68. On a prétendu à tort que la première épître avait été datée d'Athènes; mais cela n'est pas possible. En effet, nous voyons, 1 Thess. I, 7, qu'il est parié des Eglises c'Acl.aïe. Le passage 1 Th^ss. II, 18, suppose également qu'un certain temps s'est passé pntre le voyage de Paul à Thessalonique et le niompnl où il écrit sa lettre. Les objections de Baur contre l'authenticité de la deuxième épitre sont toutes dogmatiques et n'ont pas de valeur critique.