VŒU DE SAINT PAUL
qu'une préoccupation immodérée du côté prophétique de la révélation pouvait égarer.
Paul, avant de quitter Corinthe, se fit couper la chevelure pour accomplir un vœu qu'il avaitfait quelque temps auparavant. Ce n'est pas sans étonnement que l'on voit le grand apôtre des Gentils se soumettre à cette pratique légale. A'oublionspasque cette époque était un temps de transition et que le judaïsme se retirait peu à peu devant le christianisme, comme les ombres devant le soleil. Paul, d'ailleurs, en empruntant une ancienne coutume à la religion de ses pères, usait de sa liberté chrétienne et ne se pliait pas au joug des observances mosaïques. Bien que partant du principe que la vie entière est un culte et qu'il faut tout faire pour Jésus-Christ, il admettait que, par une sorte de discipline individuelle, on mît à part certains moments marqués par une austérité plus grande dans lesquels, échappant aux liens de la vie corporelle, l'âme s'élèverait plus facilement dans la région supérieure*. Le vœu du nazaréat, si fréquent chez les Juifs, parut à saint Paul le fidèle symbole de cette consécration exceptionnelle d'une période de sa vie à Dieu. On sait que ce vœu consistait à s'abstenir pour un temps de toute liqueur fermentée et à laisser croître sa chevelure'^. Celui qui l'avait fait était considéré comme tout spécialement consacré à Dieu ^. Les commentateurs ont été très-embarrassés du fait que Paul ait coupé sa chevelure à Cenchrée et non dans le temple de Jérusalem, selon les prescriptions mosaïques '. Quant à nous, cette
1 1 Cor. VII, o, — 2 Nomb. VI, 3, 5. — 3 Nomb. VI, 8.
* Et le nazaréen rasera sa tête à l'entrée du tabernacle. (Nombres, VI, 18.;