‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 309 sur 613 · VŒU DE SAINT PAUL · texte numérisé non relu

VŒU DE SAINT PAUL

dérogation au rituel juif nous paraît en accord parfait avec ses principes. Il n'éprouve aucun scrupule de modifier les pratiques légales parce qu'il est sous le régime de la loi de liberté. L'Apôtre, qui écrivait quelques mois plus tard aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple de Dieu ' ? » et qui, par conséquent, ne croyait plus à l'existence d'un sanctuaire particulier, était placé par là même au-dessus de toutes les ordonnances qui concernaient le temple. Il se sentait libre de couper sa chevelure à Corinthe comme a Jérusalem, si quelque circonstance nouvelle, comme un voyage subit, l'y obligeait. Il empêchait ainsi que l'on confondît la libre discipline de sa vie religieuse avec l'observance timorée de la loi-.

De Corinthe, Paul se rendit à Ephèse avec Aquilas et Priscille. Il les y laissa après un court séjour, et se rendit par Césarée à Jérusalem pour y passer la fête de la

» 1 Cor. VI, 19,

2 Le vœu de Paul a été l'objet de discussions longues et confuses. D'abord, on a prétendu que le vœu avait été fait non par lui, mais par Aquilas; mais l'adjectif y.c'.pâjj.îvoç se rapporte évidemment au sujet principal de la phrase. Néander [Pflanz., I, 348), se fondant sur un passage de Josèphe [De hello judaico, II, 15) croit à une modification du vœu du nazaréat admise par les Juifs de cette époque ; mais le passage de Josèphe ne signifie point que l'on coupât sa chevelure hors du temple. Lange prétend que Paul fît couper sa chevelure avant de quitter les pays païens, afin que sa chevelure nouvelle fût sans souillure. Mais une telle idée est absolument opposée aux principes de Paul. Baumgarlen (II, 326, 327) abuse de la manière symbolique dont l'Apôtre parle des longs cheveux de la femme (1 Cor. XI, 19), et voit dans le vœu de saint Paul un signe de son esprit de soumission et d'humilité. Mais c'est une explication forcée et subtile. Quant à l'idée de Salmasius, qu'il s'agit ici d'un vœu semblable à ceux dont parle Juvénal (Satire Xli, 815', et qui consistait à consacrer sa chevelure à la Divinité, elle n'a aucune espèce de fondement.

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