POPULARITE DU BOUDDHISME
'lemption pour la créature se confond avec la mort, puisque le mal est dans la naissance elle-même. Heiiaitre, quel que soit le degré supérieur de l'être auquel on soit placé, c'est retomber sous l'en^pire du mal, car c'est rentrer dans le monde du changement. Promettre l'immortalité au sectateur du panthéisme indien, c'est lui promettre l'éternité des peines; car il n'y a pas pour lui d'autres peines, d'autre malheur, d'autre péché que de vivre. Ainsi s'allume cette passion de la mort, si éuergiquemeut dépeinte dans les livres sacrés des bouddhistes. « C'est pour cette fin que les oiseaux traversent les airs, que les animaux sauvages tombent dans les pièges ; c'est pour elle que les hommes périssent incessamment dans les combats, frappés par la flèche ou par la lance; c'est pour cette fin qu'au milieu d'une multititude de péchés je suis venu de bien loin '. » On peut attribuer en grande partie le succès du bouddhisme à cette satisfaction donnée par lui a ce besoin de la mort et de l'anéantissement déjà développé par la religion de brahma.
Du reste, il sut avec habileté faire deux parts dans sa doctrine; il réservait ce qu'elle avait de plus ardu et de plus outré pour les initiés, tandis que pour l'accommoder a la masse des adhérents il lui faisait subir d'importantes modifications. Le bouddhisme se contentait de prêcher au peuple l'absence de passions violentes, la charité et l'humilité. 11 se mettait ainsi, en quelque sorte, au rabais pour conquérir la faveur
' Burnouf, p. 254.