‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 32 sur 613 · ABROGATION DES CASTES · texte numérisé non relu

ABROGATION DES CASTES

générale, et comme il présentait un frappant contraste avec l'orgueil farouche des brahmanes, il gagnait par sa douceur et ses allures bienfaisantes une multitude de disciples. Ce qui le rendait surtout populaire, c'était son caractère éminemment démocratique, car il tendait à abaisser la barrière entre les castes. « Ma loi, disait lîouddha, est une loi de grâce pour tous ^ » D'ailleurs en devenant son disciple on échappait à la loi de la renaissance et à cette gradation de mérite marquée par le régime des castes. On comprend quel attrait une pareille doctrine dut avoir pour les classes refoulées et méprisées par les brahmanes. Malgré ses succès auprès du peuple, le bouddhisme n'était vraiment réalisé dans toutes ses conséquences qu'au sein des monastères fondés par lui. Le vrai sectateur de Bouddha est le solitaire « qui , après avoir rasé ses cheveux et sa barbe, revêtu de vêtements de couleur jaune, quitte sa maison avec une foi parfaite pour entrer dans la vie religieuse et mendie de lieu en lieu -. Il a pour fin d'arriver graduellement à l'insensibilité totale. Comme l'oiseau né de l'œuf, il doit briser sa coquille ^ c'est-à-dire renoncer complètement à l'existence terrestre et s'affranchir de tout attachement, envisager du même regard l'or et une motte de terre, tourner le dos à l'existence, aux joies et aux plaisirs des hommes '*. Il ne vit pas dans l'isolement absolu; il s'associe à ceux qui partagent ses sentiments. De vastes monastères reçoivent les moines bouddhistes ; ceux-ci ne s'arrêtent dans au-

iBurnouf, p. 178. - « Burnouf, p. 248. - » Burnouf,p. 86. — * Burnouf, p. 327.

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