‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 322 sur 613 · IL EST ARRÊTÉ DANS LE TEMPLE · texte numérisé non relu

IL EST ARRÊTÉ DANS LE TEMPLE

Cette accusation était une insigne calomnie, car il n'avait pris avec lui aucun de ses compagnons étrangers. Ou a prétendu que ces Juifs étaient les chrétiens judaïsants, formant le noyau de FEglise de Jérusalem '. Mais c'est une pure supposition; les Juifs d'Asie n'appartenaient pas à l'Eglise de Jérusalem, mais bien à l'une de ces synagogues fanatiques, avec lesquelles Paul avait lutté avec tant d'énergie. Quoi qu'il en soit, la calomnie, semée avec art dans la foule, y souleva des passions toujours prêtes à éclater. Le peuple de Jérusalem &e montra aussi fanatique que celui d'Ephèse. L'attachement stupide au temple du vrai Dieu produisait les mômes effets que l'adoration de l'impure déesse d'Asie. A vrai dire, les adhérents du judaïsme de la décadence tenaient à leur culte pour les mêmes motifs que les prêtres et les orfèvres d'Ephèse; ils pensaient avant tout à l'honneur et au profit qu'ils en tiraient. Ils abritaient sous le nom de Jéhovah leurs tristes passions et leurs vils intérêts, prêts à les défendre par le crime, prouvant ainsi que l'idolâtrie se retrouve dans toutt.s les religions et sous toutes les formes. Au moment où le tumulte était à son comble, le tribun qui commandait h forteresse Antonia, située tout près du temple, accourut avec la garnison pour réprimer l'émeute qui pouvait lui faire craindre une révolte générale.

Déjà plus d'une fois le peuple remuant de la ville s'était soulevé à la voix d'agitateurs inconnus. Un fait récent donnait une grande probabilité à ces craintes du

• Baur, Das CItvistenthum der dreiersten Jarhu>ui., p. 05.

tribun. « Un Egyptien, nous raconte Josèpho, étai! venu a Jérusalem, se disant proj)liète. Il avait persuadé à la multitude de le suivre sur la montagne des Oliviers. 11 lui promettait de faire tomber à sa voix les fortifications de la ville et de la ramener par la brèche. » Félix avait dissipé par les armes ce rassemblement tumultueux, mais l'Egyptien était parvenu à se sauver '.

Le tribun Ly sias ne douta pas un instant que cette émeute n'eût été provoquée par le retour de l'Egyptien et il crut le reconnaître dans Paul-. Comme il l'emmenait vers la jjrison, l'Apôtre lui demanda la permission de parler a la foule, qui le poursuivait de ses cris. Autorisé à la haranguer du haut des degrés de la citadelle, il ne cherche aucune échappatoire, mais avec un courage héroïque, il raconte en quelques mots saisissants le changement opéré eu lui par sa conversion, comme pour dire a ce peuple fanatique : Il y eut un temps où j'étais comme vous persécuteur des chrétiens, mais j'ai reconnu mon crime, qui est aussi le vôtre.

A la première allusion qu'il fit à sa mission auprès des païens, il fut interrompu par des cris de colère, comme Etienne l'avait été lors de son martyre — qui s'en souvenait mieux que Saul de Tarse? — et le tribun, pour le soustraire à la fureur populaire, commanda qu'on le menât dans lu forteresse.

1 0 gï At'YÛTTT'.or y:j-h: iv. -f,z [J'iyCi: à^avr,; è^ivîTi. ^Josephe, Ant., XX, 6.) * Actes XX[, 38.

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