‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 324 sur 613 · PAUL DEVANT LE SANHÉDRIN · texte numérisé non relu

PAUL DEVANT LE SANHÉDRIN

esclave. Paul invoqua son droit de citoyen romain, et ce titre seul suffit pour le couvrir d'une protection efficace. Le lendemain le tribun conduit son prisonnier à la barre du sanhédrin, dans l'espoir de découvrir la cause de l'aniniadversion des Juifs contre lui. Ceux-ci désiraient passionnément qu'on leur abandonnât toute Tatfaire, car les délits religieux étaient encore de leur ressort en Palestine, et ils eussent pu ainsi se venger de Paul, sans subir tous les délais de la juridiction romaine ' . 11 importait à Paul de ne pas favoriser cette tactique; si le sanhédrin l'eût unanimement reconnu coupable d'avoir profané le temple, il eût été peut-être livré à ses implacables adversaires. Aussi chercha- t-il à les diviser en exposant avec une grande énergie ses opinions sur la résurrection; c'était un moyen infaillible de ranimer la lutte entre les pharisiens et les sadducéens. On ne peut l'accuser de duplicité, puisqu'il y avait en effet entre lui et les pharisiens quelques idées communes, et que d'ailleurs il était trop connu par son opposition à leur esprit formaliste, pour qu'on prît le change. Il est permis cependant de préférer son attitude devant le peuple ameuté, ou devant Félix et Festus. Elle est plus digne et moins habile. Les paroles violentes de Paul à Ananias, comparées à la conduite du Sauveur dans une circonstance analogue, nous font mesurer toute la distance qui sépare le maître du disciple. L'Apôtre portait encore un cœur d'homme dans sa poitrine, et il avait toujours à combattre les retours

» Wieseler, p. 378.

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