PAUL A CÉSARÉE
de sa nature impétueuse '. La délibération du sanhédrin se termina par une dispute confuse entre les pharisiens et les sadducéens. L'exaspération des derniers contre Paul parut si grande au tribun, qu'il lui sauva la vie encore une fois en le ramenant en prison. Sur la nouvelle d'un abominable complot ourdi par les Juifs contre son captif, Lysias le fit partir pour Césarée.
Le procurateur félix, au tribunal duquel Paul était renvojé, était un ancien ail'ranchi de l'empereur Claude, frère de Palias, le favori d'Agrippine. 11 appartenait à cette classe fameuse par sa bassesse et son immoralité qui régnait alors sur le monde en régnant sur les Césars, achetant son pouvoir par la llatlerie, et en usant avec tyrannie pour retrouver le prix dont il avait été payé. Tacite a marqué Félix d'un trait de son implacable burin, en disant que, débauché et cruel à la fois, il remplit des fonctions presque royales avec un esprit d'esclave -. Pour consolider sa position en Judée, il avait épousé Drusille, fille d'Hérode Agrippa. 11 rendit son gouvernement odieux aux Juifs; il se permettait tous les crimes, dit encore Tacite'. Il eut continuellement à lutter contre des tentatives de sédition , provoquées
* Les commentateurs ont beaucoup discuté la question de savoir comment Paul avait pu dire du souverain sacnlicateur : « Oj/. rj^s'.v. Je ne le connaissais pas. » (Actes XXIII, 5.) On avait prétendu que Paul l'avait dit ironiquement : Je le cotinaio, mais je ne le reconnais pas; on a aussi prétendu que le souverain sacrificateur étant illégalement eu charité, Paul a voulu lui donner une leçon. Ces explications sont trop subtiles. Il vaut mieux admeUre que Paul n'a pasefïectivement reconnu le grand prêtre au premier moment.
* n Per omncm sœvitiam ac libidinem jus regium servili ingcnio exerçait. » (Tacite, //w/., V, 9.)
» Annales, XII, 54.