‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 330 sur 613 · PAUL DEVANT FESTUS ET AGRIPPA · texte numérisé non relu

PAUL DEVANT FESTUS ET AGRIPPA

On a souvent fait ressortir la fermeté de trait avec laquelle ces diverses figures sont dessinées par l'historien sacré. D'un côté on voit le Romain de la décadence, matérialiste à fond, traitant les questions religieuses avec une méprisante ironie, et accusant Paul de folie dès que celui-ci parle de la résurrection des morts, et transporte ses auditeurs dans ce monde invisible qui n'existe pas pour le païen'. D'un autre côté, Agrippa représente parfaitement l'homme qui connaît la vérité sans l'aimer, et qui, tout en lui accordant un assentiment intellectuel, refuse de lui donner son cœur et de rompre les chaînes de la volupté^ En face de ces deux types du monde ancien, avec quelle noble dignité Paul ne représente-t-il pas la religion nouvelle ? Il raconte avec simplicité et grandeur sa vie passée, sa conversion et sa vocation parmi les païens ^ Il a suivi l'appel de Dieu, c'est là son crime ; c'est pour cela que les Juifs ont voulu le tuer. Il n'a d'autre apologie à présenter que son dévouement absolu à la vérité. L'histoire de son ministère est le plus éloquent commentaire de la réponse de Pierre au sanhédrin : « Nous ne pouvons autrement. » Lui était-il possible de résister à des ordres de Dieu aussi directs? Festus et Agrippa reconnaissent hautement l'innocence de Paul, mais l'Apôtre en a appelé à César; il faut qu'il soit envoyé à Home.

Les péripéties de son voyage sont connues. Au milieu des périls de la navigation, ou le retrouve toujours le

' Actes XX, 19; XXVI, 23. — * Actes XXVl, 28.- 3 Actes XXVI, 4-24.

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