‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 332 sur 613 · IL JOUIT D'UNE CERTAINE LIBERTÉ ET PRÊCHE AUX JUIFS · texte numérisé non relu

IL JOUIT D'UNE CERTAINE LIBERTÉ ET PRÊCHE AUX JUIFS

SOUS la garde de ce Iiaut dignitaire de la cour, chargé de tous les captifs qui ressortissaient du tribunal impé- • rial. Le préfet du prétoire, à cette époque, était Burrhus, homme distingué et modéré, de mœurs sévères, dont riieureusc influence retenait encore ]\éron sur la pente du crime '. 11 traita Paul avec indulgence, probablement par suite des lettres favorables iiu'il avait reçues de Festus, et aussi des rapports du centenier, devenu l'ami de son prisonnier-. Paul eut la permission de demeurer sous la garde d'un soldat, dans une maison louée par lui, et il put communiquer librement avec les gens du dehors. Cet adoucissement de sa captivité dura deux ans. Il eut d'abord de solennelles conférences avec les Juifs de Rome, et rien ne prouve mieux combien son cœur était rempli de la charité qui espère tout. ?s'était-il pas la preuve vivante de leur endurcissement, et les chaînes qu'il portait n'accusaient-elies pas leur intraitable fanatisme? Paul à Rome les trouva, comme partout ailleurs, ennemis irréconciliables de Jésus-Christ et de son Eglise. Le dernier discours qui soit cité de lui semble un écho de l'anathème de Jésus-Christ contre les pharisiens peu de temps "avant sa mort^. Ces sévères paroles sont l'appréciation définitive de l'Apôtre sur les Juifs considérés comme nation *.

Après avoir été ainsi rebuté par les chefs de la synagogue de Rome, Paul se tourna de nouveau avec succès vers les païens. De même que dans les prisons de Césarée, il avait annoncé l'Evangile à un pauvre esclave,

« Tacite, Amiales, XII, 2.— * Actes XXVIl, 43. — ^ Acte? XXVIII, ib, 27. — * Voir Baumgarlen, ouvrage cité, 2« partie, c. II.

Page 1