‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 333 sur 613 · PAUL PRÊCHE A SES GARDIENS · texte numérisé non relu

PAUL PRÊCHE A SES GARDIENS

son compagnon de captivité ; il s'efforça de gagner à Jésus-Clirist les soldats qui le gardaient successivement. Les liens qu'il portait devinrent, par ce moyen, célèbres dans tout le prétoire '. Il profita également de toutes les occasions qui lui furent offertes de remplir son mandat apostolique auprès des habitants de la grande métropole, et sa captivité contribua puissamment à l'accroissement de l'Eglise de Rome.

Cet état de choses dura jusque vers l'an 62. Tout fut changé pour lui à cette époque. Sa lettre aux Philippiens nous apprend d'abord que le parti des chrétiens judaïsants recommença ses intrigues contre l'Apôtre ; il ne s'arrêtait même pas devant ses souffrances et cherchait à ajouter un surcroît à ses afflictions-. La grande âme de Paul, son désintéressement absolu et sa sublime charité éclatèrent dans cette circonstance. En présence de ce colosse du paganisme qui se dressait à Rome devant lui dans toute sa hauteur et sa puissance, il pensait que les différences secondaires devaient s'effacer, et qu'il fallait.accepter le concours de tous ceux qui annonçaient Jésus-Christ, même de ceux qui l'annonçaient par des motifs blâmables, pour contre-balancer sa propre influence ^ La captivité de l'Apôtre était aussi devenue plus étroite. On s'étonne des délais interminables apportés à l'instruction de son procès à Rome. Mais il avait déjà passé deux ans à Césarée. Néron, qui commençait à incliner à la tyrannie, n'était pas plus pressé que ses proconsuls de rendre la justice. N'oublions pas, d'ailleurs, que

» Philipp. I, 13, —2 Pbilipp. I, 15, 16. — ' Philipp. I, 18.

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