JACQUES CONTINUE A RÉSIDER A JÉRUSALEM
J,os idées épiscopales ont réagi sur l'histoire du premier siècle. De môme qu'on attribue à saint Pierre la fondation et le gouvernement de l'Eglise d'Antioche , formée, comme on l'a vu, sans son concours, de même il se pourrait qu'on eût cherché plus tard à rapporter aux apôtres la propagation de la foi dans des contrées où de simples évangélistes auraient porté tout le poids du travail. Il faut donc accueillir avec réserve le témoignage des historiens, et ne jamais oublier que leur notion de l'apostolat n'est pas en tout point identique à celle de l'Eglise primitive. Pour eux les apôtres étaient de vrais évoques métropolitains, et ils ne pouvaient admettre qu'une Eglise fût fondée sans leur participation. Après le concile de Jérusalem, les apôtres se dispersent pour ne plus se rencontrer. Jacques, le frère du Seigneur, continua à exercer sur l'Eglise de cette ville une influence prépondérante; la sainteté de sa vie, la forme de sa piété, la largeur de cœur avec laquelle il remplit sa mission de conciliation, tout contribue à l'aifermir. Bien loin de s'être posé dans la suite comme l'adversaire de Paul, Jacques l'accueillit avec une fraternelle affection lors de son dernier voyage, et, fidèle à son rôle, il lui conseilla de se joindre aux chrétiens juifs qui devaient accomplir dans le temple un vœu de nazaréat. Nous n'avons aucun détail sur sa vie à partir de ce moment jusqu'à son martvre. Mais nous possédons sa lettre, où nous chercherons plus tard sa doctrine. Nous y retrouverons fidèlement reproduits tous les traits de cette belle figure, sa piété scrupuleuse et élevée à la fois, son esprit pratique et sévère, et dans