L'EGLISE NON PRÉOCCUPÉE D'ÉCRIRE DES LIVUES
tour glorieux était alors générale. On pensait que d'un moment à l'autre il paraîtrait sur les nues pour juger le monde. Il n'y avait donc aucun motif de se préoccuper d'un avenir lointain et de consigner par écrit dqs souvenirs qui étaient vivants au sein de l'Eglise. Celle-ci d'ailleurs imparfaitement émancipée des liens du judaïsme, trouvait dans les livres sacrés de l'ancien peuple de Dieu, un fondement solide à sa croyance, et les déclarations, des prophètes lui paraissaient suffire pour en établir Tincontcslable vérité. Enrichie des plus beaux dons de l'Esprit divin, elle sentait passer sans cesse sur elle le souffle brûlant et pur de l'inspiration. Paul déclarait hardiment que la nouvelle alliance reposait non sur la lettre mais sur l'esprit'. Aucune des expressions par lesquelles la prédication est désignée dans le Nouveau Testament, ne s'applique à des documents écrits. Il s'agit toujours d'une parole vivante, d'une proclamation solennelle de la vérité, qui se transmet par le témoignage ^ Quand il est parlé de l'Evangile, il s'agit non d'un livre mais du fond de la prédication apostolique, de la bonne nouvelle du salut, comme l'indique l'étymologie du mot. « Les apôtres du Christ, dit Eusèbe, purifiés dans leur vie et ornés de toutes les vertus dans leur âme, mais rudes et incultes dans leur langage, avec le seul secours de la puissance de Jésus-Christ par laquelle ils ont opéré tant de miracles, ont annoncé le règne de Dieu au monde entier. Ils n'é-
« 2 Cor. m, 3-7. Rom. VII, 6.
» Aô-foç. (Jacques I, 22.) Aé^o; ày.or,:. (1 Thess. II, 13.) KT,p{j-(\J.oi. (Tite 1,3; 1 Cor. H, 4; 1 Tim. 11, 1, 2;2'Tim. I, il.)