‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 348 sur 613 · PAS D'EVANGILE PRIMITIF OFFICIEI · texte numérisé non relu

PAS D'EVANGILE PRIMITIF OFFICIEI

mites qui nous sont imposées. Il est prouvé que pendant de longues années la Parole de Dieu a été annoncée librement et de ,ive voix, et que les plus florissantes Eglises que le monde ait connues, ont été fondées par la prédication des missionnaires. Ceux-ci puisaient leur enseignement dans leurs propres souvenirs confirmés par le témoignage apostolique ; le Saint-Esprit qui leur était accordé d'une manière extraordinaire ravivait et fécondait tous ces éléments de vérité. On a prétendu qu'un Evangile, officiel en quelque sorte, avait été rédigé avant tous les autres sous la direction des apôtres pour servir de règle aux évangélistes *. Mais, outre l'absence de preuve historique, cette hypothèse est en opposition complète avec le caractère de liberté et de spontanéité qui appartient à l'âge apostolique. Nous repoussons également l'idée que l'Evangile primitif aurait existé sous la forme d'une tradition orale, communiquée d'autorité par les apôtres à leurs catéchumènes. Toutes ces suppositions en réclament une autre absolument gratuite, celle d'un collège apostolique siégeant à Jérusalem et tranchant souverainement les questions qui se posaient.

Il n'est pas nécessaire de recourir à ces hypothèses pour s'expliquer qu'un certain fonds commun de tradition authentique se soit formé sur l'histoire évangélique. On sait combien la mémoire peut devenir fidèle par un exercice continu. Les rapsodes de la Grèce se transmettaient riliade d'une génération à l'autre sans le secours de

1 Eichhoru, Ueber die Ursprung der drei enlen Evangel., Biblioth. der biblisch. Litteratur., vol. V, p. 761.

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