CARACTÈRE VIVANT DE CETTE INSPIRATION
mission f^'écrire Tliistoire de Jésus-Christ, et il a proj)ortionné, comme toujours, ses dons à la grandeur de la làclic. Mais, pas plus que l'Eglise primitive, nous n'avons entendu des organes passifs de T Esprit de Dieu ; comme elle, nous avons entendu un témoignage vivant et individuel, tout pénétré du souffle créateur qui animait les premiers témoins de Jésus-Christ. Les quelques inexactitudes de détail que Ton peut relever dans le récit, en môme temps qu'elles témoignent de la persistance de l'élément humain chez l'écrivain sacré, donnent d'autant plus de j)rix à l'unanimité des évangélisles pour tout ce qui est essentiel \ Nous nous contentons de l'inspiration qui a paru suffisante aux Eglises du premier siècle; elles n'ont pas cru reposer sur le sable parce qu'elles ne possédaient pas une histoire évaugélique écrite visiblement du doigt de Dieu, comme les labiés de la loi. Nos évangiles nous rendent le témoignage apostolique dans sa vie première, et comme ils sont pour nous le seul moyen de l'entendre encore, ils constituent pour l'Eglise, de toutes les autorités, la plus haute et la plus incontestable. Mais il n'en est pas moins vrai que les missions primitives se sont accomplies tout d'abord par l'Evangile parlé et non par l'Evangile écrit. Celui-ci n'apparaît qu'à la fin de la période dont nous avons décrit les travaux et les succès. Il nous reste à en dépeindre les souffrances en présentant le tableau de la première persécution générale contre l'Eglise.
• Nous traiterons plus tard, ;\ l'occasion de .lean, l;i i;urslioii des niji- [torls des trois premiers évangiles avec 1<" quatrième.
§ IV. — De la première persécution romaine contre le christianisme. — Persccution en Judée. — Mort de Jacques^ frère du Seigneur.
La persécution a toujours suivi pas à pas la mission clirétienne, essayant d'anéantir ses glorieux résultats dans des flots de sang et ne réussissant qu'à arroser et à féconder les semences déposées dans le sol. Déjà nous lavons vue éclater en Judée et donner à TEglise ses deux premiers martyrs. Paul Ta rencontrée partout dans ses voyages missionnaires. Nous l'avons laissé à Rome chargé de chaîoes et attendant son jugement. Jusqu'à l'an 64 après J.-C, l'hostilité contre le christianisme n'a pas un caractère officiel. L'opposition éclate tantôt dans une ville, tantôt dans une autre ; l'Eglise n'est pas encore mise au ban de l'empire. Mais ses développements avaient été trop rapides et ses succès trop marqués pour qu'elle pût éviter un choc terrible avec la puissance impériale qui résumait tout ce qu'elle venait détruire et personnifiait l'ancien ordre de choses qu'elle sapait par la base.
Ce choc sanglant eut lieu sous Néron, dans la dernière partie de son règne, et l'antichristianisme ne pouvait trouver un plus digne représentant. La persécution contre l'Eglise devait nécessairement éclater à Rome. En effet, elle heurtait sur un point essentiel les idées de l'ancien monde. La religion y était étroitement associée à l'organisation politique. Le pol}' théisme avait produit comme sa conséquence naturelle les religions d'Etat,